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…Les grandes sculptures récentes, conçues par Claude Chavent, sont des hybrides associant une matière picturale – par l'apport colorant des patines – aux façonnages du métal par plans superposés. Là encore, une forme / un lieu énonce ses plates propriétés : ligne, plan, surface, espace. Rien d'ornemental ni de décoratif, seulement la nudité d'une texture exprimée à l'état brut, comme déshabillée, et l'usure du temps rendue par la patine avec lucidité et discrétion. Dans les reliefs muraux, de tailles plus réduites, le traitement illusionniste de deux plaques l'une contre l'autre suffit à recréer virtuellement la place d'un livre sur un rayonnage… l'entière proposition conceptuelle des Chavent est à l'image de cette amorce de bibliothèque : c'est la proposition d'un système ouvert en opposition à la sécheresse minimaliste. On y retrouve tous les invariants fondamentaux de la sculpture, mais portés souvent à leurs plus petites dimensions, dans ce même rapport inversé où les sculptures géantes du célèbre artiste minimal américain Richard Serra questionnaient la monumentalité, en concurrence directe avec l'architecture. Dans l'un et l'autre cas, les termes demeurent pareillement l'espace du dedans et l'espace du dehors, le contour (ou plutôt la limite et son mouvement), la verticalité et l'horizontalité. Les boucles d'oreilles Poutrelles jouent sur la pesanteur et la gravité, les Piliers passent par tous les états de l'équilibre, l'instabilité se trouve formalisée dans la série des broches Tapis volants, dont certaines des versions les plus incurvées s'apparentent à une véritable volte-face. Toujours, l'attention est portée à la tension dynamique du métal, au déplacement particulier de la lumière sur l'or, l'argent ou le platine et à sa plus grande inertie dans l'épaisseur d'un fer noirci, devenu matière de prédilection...

 

Texte Frédéric Bodet (extrait)

Musée des Arts Décoratifs de Paris

Novembre 2000

 

 

 

 

 

 

… Les sculptures sont là, érigées, pures, étranges, hiératiques : arbres dépouillés, forêts, feuilles au vent, nature. Elles sont là : "Sécheresse", "Le Rosier bien mené", "Le Sans Souci à marée basse", "La Cité des escargots"... le matériau est lourd et noble : ce sont pièces de métal et de métallurgie, savamment détournées, épurées. Le métal est lourd et pourtant, c’est presque miracle, il s’élève et s’envole, déchirant l’espace, parce que l’Artiste en a décidé ainsi. Le métal s’est plié au désir du forgeron, aux injonctions du sculpteur : "Métal, élève toi et vole, légèrement, comme dans le vent ! Comprends que je voudrais imprimer en toi la fragilité de nos corps et la légèreté de nos âmes !" Le risque de tout cela, à force de tendre à l’épure, serait peut être à la froideur, s’il n’était pour adoucir le tout, la polychromie délicate dont l’Amoureux pare, avec une extrême sensibilité, ses "enfants". Il faut voir comme, car les mots manquent, forcément...

 

Texte Henri-Michel Morat (extrait)

ARPAC, Fondation du Pioch-Pelat (Montpellier)

22 septembre 2000

 

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